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Au commencement d’Œdipe roi, le décor est planté : stérilité de la terre, des animaux, des humains. A l’autre bout du chemin, Œdipe à Colone se termine avec la garantie de prospérité pour un homme, un peuple et, peut-être, l’humain.
Entre la stérilité et la prospérité, Sophocle fait du parcours oedipien celui d’une émancipation idéale des héritages transgénérationnels. Porté par le désir de connaissance de soi, Œdipe découvre ses véritables origines et parvient, au-delà des tabous liés à l’inceste et au parricide, à se libérer des influences familiales et patriarcales.
Au fil de son analyse, l’auteur met en évidence la nature des difficultés allant s’amplifiant dans la lignée des Labdacides. Celles-ci se manifestent notamment quand Laïos tente d’éliminer Œdipe à sa naissance. Un scénario qui rappelle le filicide perpétré sur Penthée, le premier héritier du trône de Thèbes.
Deux filiations rivalisent pour succéder à Cadmos, le fondateur de Thèbes et aïeul d’Œdipe. L’une illustre la destinée humaine soumise à la volonté des dieux - comme toute puissance de l’inconscient. L’autre montre la tentative humaine de dialoguer avec le divin dans une quête d’authenticité. Cette distinction renvoie à la dissidence religieuse d’Akhenaton et aux deux traditions occidentales issues de la culture égyptienne antique, celle du monothéisme de Moïse et celle de la philosophie grecque avec son projet démocratique.